[TRAD] Les voitures qui savent conduire

En ce moment, on entend beaucoup parler des voitures sans conducteur testées par Google. Voici un petit article de MyRandomThoughtBlog qui reprend les points essentiels de cette innovation technologique qui, un jour, finira bien par révolutionner notre façon de nous déplacer.


Les voitures qui savent conduire

Il est temps pour les producteurs de films Hollywoodiens de trouver autre chose à montrer dans leurs films futuristes, puisque les voitures volantes ou sans conducteur commencent déjà à faire partie du présent. Les voitures deviennent plus intelligentes chaque jour depuis leur création, plus humaines, et plus intelligentes que les humains.

Fut un temps où marcher prenait moins de temps que de voyager en voiture. Mais aujourd’hui, il existe des voitures équipées de moteurs V12 qui peuvent atteindre sans effort une vitesse de plus de 400 km/h.

Fut un temps où il fallait insérer une bielle au coeur du moteur et la faire tourner de toutes ses forces pour démarrer sa voiture. Mais aujourd’hui, le travail de la bielle est effectué par une petite clé facile à tourner, et on a même déjà des voitures qui s’enclenchent avec un interrupteur, comme un ventilateur.

Fut un temps où lorsqu’on entendait parler de quelqu’un qui avait eu un accident, on supposait qu’il était mort. Mais aujourd’hui, on peut sortir d’un terrible accident avec une simple égratignure grâce aux technologies qui ont rendu les voitures suffisamment intelligentes pour qu’elles puissent prédire un accident avant qu’il survienne et qu’elles nous sauvent. Et même lorsque l’accident est inévitable, elles nous sauvent en déployant des airbags en une fraction de seconde, nous épargnant une très grave collision.

Toutes ces évolutions nous ont amené à ce jour, où les voitures n’ont plus de conducteur. Il ne s’agit pas là des voitures qu’on peut voir dans les publicités et qui se stationnent parfaitement sans l’aide du conducteur. Non, il s’agit de quelque chose qui dépasse l’imagination. C’est une voiture qui n’a pas de volant, de frein ou d’accélérateur, mais seulement un GPS et un bouton d’arrêt qui permet de stopper le véhicule en cas de dysfonctionnement.

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Le système Google Chauffeur utilise LIDAR, une technologie de télédétection par laser qui fonctionne comme un radar et un sonar, mais en étant bien plus précise. Il établit une carte de points dans l’espace en utilisant 64 rayons laser qui prennent plus d’un million de mesures par seconde pour former un modèle en 3D exact au centimètre près au coeur de son ordinateur. Des cartes préchargées indiquent au système l’emplacement des éléments immobiles (feux de signalisation, passages cloutés, poteaux téléphoniques) et le LIDAR complète le paysage avec les objets mobiles tels que les piétons. Cette voiture possède aussi un radar tout simple, une caméra et un GPS pour dépanner. Ainsi, elle est plus efficace que l’oeil humain et peut conduire sans l’assistance d’un être humain.

Choisir de laisser la technologie décider de notre avenir peut être un choix difficile, mais Google a un parc de voitures sans conducteur depuis 2009 qui ont fait plus de 800 000 km sans accident. En moyenne, les conducteurs humains ont un accident tous les 800 000 km environ aux Etats-Unis, alors soit ça ne saurait tarder pour les voitures de Google, soit elles vont à nouveau dépasser les humains.

Bientôt, les gens seront sidérés d’apprendre qu’avant, il fallait absolument un être humain pour conduire une voiture.

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[TRAD] Mettons fin aux idées reçues sur les panneaux solaires

L’énergie renouvelable est au coeur des préoccupations actuelles. Depuis des années, de nombreuses technologies ont été développées dans ce sens, et certaines ont bien évoluées depuis leur création. Lorsque j’étais au lycée, c’est-à-dire en 2009, j’avais réalisé un exposé sur les panneaux solaires et le temps que cela prendrait à mon établissement scolaire pour rentabiliser cet investissement. C’est donc aujourd’hui l’occasion de mettre à jour mes connaissances sur le sujet.

Un des articles de Mesh Energy reprend six idées reçues que l’on peut avoir sur les panneaux solaires, et explique en quoi elles sont erronées. A noter : cet article concerne plus particulièrement le Royaume-Uni, les informations données sont donc à adapter si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure des panneaux solaires dans un autre pays.


La vérité sur les panneaux solaires photovoltaïques

Les panneaux solaires photovoltaïques sont bien connus de tous et ornent maintenant des centaines de milliers de toits au Royaume-Uni. Le gouvernement a largement diminué le tarif de rachat d’électricité il y a deux ans et la couverture médiatique en fut médiocre, refroidissant une partie de la population à l’idée de se procurer des panneaux solaires. Depuis, le modèle économique du marché local est petit à petit redevenu favorable pour le consommateur, mais beaucoup de gens ne comprennent pas totalement les avantages financiers et les mécanismes des panneaux photovoltaïques.

Nous allons clarifier quelques questions clés ainsi que les informations erronées que vous avez pu entendre, alors continuez votre lecture !

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Mythe n°1 : L’installation de panneaux solaires met 20 ans à être rentabilisée

C’était le cas en 2007. Aujourd’hui, la plupart des personnes qui installent des panneaux solaires sur leurs maisons profitent d’un taux de rendement de 10 à 12% sur l’argent qu’ils ont investi, soit un amortissement sur 8 ans. Ajoutez à cela le gouvernement qui les dédommage malgré tout pendant 20 ans : ils font des bénéfices pendant encore 12 ans après avoir rentabilisé leur matériel. En plus, les tarifs de rachat sont liés au taux d’inflation des prix, et il y a exonération d’impôt sur le revenu.

Mythe n°2 : Les panneaux solaires sont peu esthétiques

Même si les équipements placés sur le toit peuvent être considérés comme un peu trop voyants, il existe d’autres solutions pour éviter ce désagrément visuel. La plus simple et la plus rentable est d’acheter des panneaux foncés avec des cadres anodisés noirs. Cela adoucira suffisamment l’aspect global pour ceux qui veulent un résultat acceptable sans payer trop d’extra.

Ceux qui ont un peu plus d’argent à dépenser pourront choisir des panneaux intégrés dans le toit. Cela permet d’économiser sur la quantité de tuiles et d’avoir un toit plat, sans rien qui dépasse. Cette solution s’adapte le mieux aux toits en ardoise ou aux tuiles foncées, puisque les cristaux de ces panneaux sont bleus ou noirs.

Des explications plus poussées sur les différentes possibilités sont disponibles dans l’article Panneaux solaires : pourquoi on n’a plus besoin de les voir pour y croire.

Mythe n°3 : Je n’ai pas assez de place sur mon toit

Peu de gens savent que les panneaux solaires peuvent être montés sur le sol ou sur des dépendances. Toutes sortes de solutions créatives ont été implémentées dans le pays pour placer les panneaux à l’écart de la maison tout en générant de l’énergie et un bon revenu.

Si l’on dispose d’un espace au fond du jardin qui soit à l’abri des regards sans être à l’abri du soleil en journée, on a la possibilité d’y placer un panneau solaire au sol. Placer son installation au sol permet aussi de bien l’exposer plein sud et de l’incliner de façon optimale en direction du soleil, ce qui n’est pas le cas lorsque l’on est contraint par la pente du toit de sa maison.

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Mythe n°4 : Mon toit n’est pas exposé au sud, donc ce ne sera pas productif

En réalité, peu de de toits sont exposés au sud, et cela ne pose pas vraiment de problème. Si le toit est à 45 degrés par rapport au plein sud (c’est-à-dire exposé sud-est ou sud-ouest), on ne perd que 4% de production environ. Même s’il est exposé à l’est ou à l’ouest, on ne perd que 10 à 12% de capacité maximum environ. Tant que les panneaux ne sont pas placés vers le nord, ils produisent des quantités significatives d’énergie toute l’année.

Mythe n°5 : Les panneaux solaires ne fonctionnent pas par temps nuageux

Les entreprises d’installation entendent souvent cela, mais c’est encore une fois un mythe. Les panneaux solaires utilisent la luminosité ambiante et n’ont pas besoin de lumière directe et d’un ciel dégagé pour fonctionner efficacement. Au Royaume-Uni, beaucoup de jours sont nuageux mais lumineux, fournissant un rendement élevé tout au long de l’année. Même mon panneau solaire à la maison produit de l’énergie quasiment tous les jours de l’année. Les seuls jours où il n’en produit pas sont ceux où ils sont recouverts par de la neige !

Mythe n°6 : On gagne plus d’argent en revendant son électricité

On pense souvent que l’argent que l’on gagne avec les panneaux solaires vient de la revente de l’électricité sur le réseau public. En vérité, dans une installation standard, il n’y a aucun moyen de mesurer la quantité d’énergie qui repart sur le réseau, et encore moins d’être payé en fonction de son relevé individuel d’exportation.

La rémunération par les panneaux solaires se déroule ainsi :

1. Le tarif de rachat garanti : l’installation est équipée d’un compteur qui mesure la quantité totale d’électricité produite par les panneaux. En ce basant sur ce chiffre et sur le tarif de rachat garanti du gouvernement, le fournisseur d’électricité paiera le propriétaire de l’installation tous les trimestres.

2. La quantité d’électricité supposée exportée : 50% de l’énergie produite est « supposée » retourner sur le réseau public. En se basant sur ces 50% et sur le relevé du compteur, un tarif fixe de quelques centimes va s’ajouter au paiement du tarif de rachat garanti mentionné plus haut.

3. Prendre l’électricité à sa source : les deux paiements cités sont réalisés que la maison soit habitée ou non, ils sont donc optimisés si les appareils électriques sont utilisés durant la journée. En effet, l’électricité produite par les panneaux sera naturellement guidée vers ces appareils avant d’aller sur le réseau, réduisant par conséquent votre facture d’électricité consommée.

Comme vous le voyez, le mythe n°6 est un sacré mensonge, mais avec un peu de chance, nous aurons réussi à le clarifier.

Avec un si bon rendement, l’énergie solaire reste l’un des investissements les plus raisonnables pour beaucoup de propriétaires, surtout avec l’augmentation du prix de l’électricité. Espérons que les personnes qui ne sont pas encore équipées puissent toujours parler aux bonnes entreprises, recevoir de bons conseils et continuer à tirer profit d’investissements sensés et solides tant qu’ils sont accessibles.

[TRAD] Les ruines du château de Gelston

Duncan, l’auteur du blog Ruination-Scotland, parcourt l’Écosse pour visiter des châteaux en ruines et les photographier. Ses photos nous permettent de voyager avec lui et de découvrir l’histoire de ces édifices hors du temps. J’ai choisi de traduire l’article du château de Gelston, et je remercie encore une fois Duncan qui m’a autorisée à utiliser ses photos sur mon blog. Je ne peux que vous recommander d’aller y faire un tour si le sujet vous intéresse, car c’est une petite mine d’or pour tous les amoureux des châteaux !


Les ruines du château de Gelston

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L’allée poussiéreuse était parsemée d’azalées. Leurs pétales froissés commençaient tout juste à se déployer en vives gerbes de violet et camouflaient les amas de feuilles cireuses. On rencontrait si souvent ces fleurs exotiques à l’approche d’une grande résidence que j’ai fini par les considérer comme un signe avant-coureur de splendeur. Au loin, je discernai un autre indice signalant la présence de la ruine que j’étais venu visiter : une haute tour hexagonale qui surplombait fièrement plusieurs dépendances plus basses. Ses différents niveaux évoquaient ceux d’un gâteau de mariage en grès, et en me rapprochant, je découvris à sa base une arche qui menait à une cour arrière. Le déclin n’avait pas posé ses mains sur ces bâtiments. Pour être en si bon état, cela ne pouvait être que la partie réservée aux locations de vacances, et le contraste avec la bâtisse que je pouvais maintenant voir nichée parmi les arbres fut frappant. À deux pas de cette écurie qui s’était offert une seconde jeunesse se trouvait le château de Gelston, qui fut autrefois l’attraction principale du domaine alentour.

Je m’approchai du château pour découvrir petit à petit sa façade, camouflée par des feuilles que l’air chaud de l’été ne remuait pas. On compare souvent Gelston à un jouet pour enfant, ce qui me sembla particulièrement approprié à voir la longueur de sa devanture. C’est vraiment l’idée exacte que l’on se fait d’un château, parfaitement conçu et autonome. Il ne s’étend pas en largeur, mais plutôt en hauteur, toutes les chambres se trouvant dans un bloc rectangulaire unique de trois ou quatre étages. L’échelle contribue elle aussi à cette apparence de maison de poupée, avec ses bordures crénelées qui englobent une demeure essentiellement modeste.

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Si Gelston est strictement symétrique, il n’en possède pas moins toutes les caractéristiques qui s’appliquent à un véritable château, même si ce n’est que par souci d’esthétique. Les remparts à corbeaux et les meurtrières abondent, tandis que de fines tours d’angle entourent les quatre coins du bâtiment. Elles sont elles-mêmes surmontées par des tourelles miniatures. Malgré le lichen éparpillé sur la surface presque parfaite du grès rouge, on se croirait face à un château tout récent. On pourrait même penser que sa construction résulte d’une folie architecturale tant il paraît pittoresque dans son état de délabrement. La façade avant présente une avancée en forme de large tour carrée dotée d’une grande arche pour faire écho à la forme des fenêtres du premier étage. C’est ici que se trouvaient les chambres principales, et je pus distinguer l’escarpement où se tenait autrefois un perron qui remontait jusqu’à la grande entrée. Je fus étonné de voir les deux portes en bois principales toujours à leur place, entrouvertes et captivantes.

Tous ces traits élégants s’ajoutent les uns aux autres pour conférer à Gelston le titre de « château de style géorgien le plus ambitieux de Galloway » dans The Buildings of Scotland (Les édifices d’Écosse). On attribue leur création à l’architecte Richard Crichton, élève de Robert Adam dont le style de château a largement influencé la conception de Gelston. La maison fut construite pour Sir William Douglas, un célibataire issu d’une famille inconnue qui amassa une fortune à la fin du 18e siècle. Il débuta dans la vie en tant que marchand ambulant, puis il voyagea en Amérique avec ses quatre frères avant de revenir en Écosse avec énormément d’argent. En 1789, il avait déjà acheté de vastes terres à Galloway, y compris le petit village de Causewayend sur la côte de Carlingwark Loch. C’est là que Douglas installa différentes industries, transformant le village en une ville qu’il fonda en 1792 et qu’il baptisa avec peu de modestie Castle Douglas. Il fut nommé Baronnet en 1796 et acquit les terres de Gelston en 1799. Son évolution de l’obscurité vers la richesse fut rapide, et Sir William décida de se faire bâtir une maison en adéquation avec son nouveau statut. Cette maison fut le château Gelston, et sa construction s’acheva en 1805.

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Je me trouvais maintenant à quatre pattes pour me faufiler à travers les broussailles en direction de l’enceinte du château qui scintillait derrière les feuilles. La brume humide avait fait cesser le bourdonnement des insectes, et l’atmosphère était écrasante si près du sol. J’atteignis la large base d’une tour d’angle faite de pierres bien fraîches. Je continuai ma route en longeant le mur Est. Après avoir tourné au coin d’une autre tour, je me retrouvai à l’arrière du château, et je me glissai à l’intérieur par une fenêtre basse pour profiter de l’ombre des feuilles qui peuplent l’intérieur de Gelston.

Les entrailles abîmées de ce château sont à l’opposé de son extérieur à l’apparence robuste, un peu comme si l’intérieur s’était effondré pour se détacher de la façade. Ni la toiture ni les sols n’ont survécu, et les murs qui sont encore debout sont retournés à l’état de pierre brute, sauf une grande alcôve arrondie qui a conservé ses lattes et son plâtre. Après un moment passé à m’imprégner de mon environnement, je partis à l’aventure dans une embrasure du mur le plus proche de moi. Je fus accueilli par une nuée de mouches silencieuses, mais une fois dispersées, je ne pus qu’admirer la vue qui s’offrait à moi. Une immense spirale se déployait en hauteur, illuminée par la lumière rougeoyante qui perçait par les meurtrières. Elle grimpait jusqu’au sommet de l’une des tours d’angle, gagnant alors une zone d’obscurité indiscernable. Je la contemplai, émerveillé et hypnotisé.

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Mon périple à travers les ruines de Gelston est plus ou moins impossible à reproduire à l’identique. Le sol était une mer de gravats, tombés et amassés en tas qui rendaient la navigation difficile et m’empêchaient d’accéder aux confins du château. Je me frayai donc un chemin tant bien que mal au milieu des ruines, en revenant fréquemment sur mes pas, car je ne pouvais plus avancer. Il devint vite impossible de distinguer les murs effrités les uns des autres. De grandes étendues de la bâtisse s’avéraient davantage envahies par la flore que par la pierre, et de ce fait, le château ressemblait plutôt à un vaste jardin clos accueillant une jungle de fougères.

Je finis par me trouver au sommet d’une pile de pierres pour regarder par l’embrasure d’une porte bloquée par des débris jusqu’à la hauteur de ma tête. Je pus seulement apercevoir la courbe des marches d’un escalier en pierre, dissimulé derrière un rideau de feuilles à moitié transparentes à cause de la lumière du soleil. Bizarrement, observer un escalier morcelé m’a toujours procuré une grande émotion. C’est souvent le dernier vestige d’un intérieur en ruine, et je me mis en tête de trouver celui que j’avais pu apercevoir. Après avoir suivi un chemin difficile, je découvris deux poutres cantilévers dont le long voyage aérien se terminait par des bords en dents de scie.

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Depuis la cage d’escalier, je rejoignis le hall d’entrée, et mon regard s’attarda entre les deux grandes portes que j’avais vues de l’extérieur. Ici, encore plus de végétation luttait pour s’infiltrer. Les défenses du château contre les assauts de la nature avaient cédé depuis bien longtemps. Une douce lueur filtrait par les trois arches de l’entrée et donnait une nouvelle apparence à l’endroit. C’était le seul véritable indicateur de ce qu’avait pu être le château lorsqu’il était encore habité, et j’imaginais facilement les chambres splendides que l’on pouvait gagner en passant par ce vestibule à l’époque.

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Quelques minutes plus tard, je dévalai une pente en terre qui menait en dessous du hall d’entrée. L’ombre fraîche d’en haut devenait plus froide au fur et à mesure que je descendais dans l’obscurité du rez-de-chaussée. Les contours d’anciens coffres à bagages se dessinaient grâce à la lumière vive qui provenait d’une porte secondaire. Celle-ci offrait un accès direct aux chambres de bonnes quand le château était encore habité. Je me dirigeai vers cette ouverture aveuglante par un tunnel de briques, et le retour à la chaleur du monde extérieur me fit cliquer des yeux.

Sir William Douglas n’eut que quelques années pour profiter de ce manoir dont il état le maître, et il mourut sans avoir de descendance en 1809. Ses propriétés furent divisées entre ses différents neveux et nièces, et la plus jeune fille de son frère James, Mathilda Douglas, hérita de Gelston. En 1813, Mathilda épousa William Maitland, et leur famille continua de diriger le domaine pendant la majeure partie du 19e siècle. Puis Gelston devint la propriété des Galliers-Pratts qui conservèrent le château pour la chasse au faisan, avant d’être réquisitionnées durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant cette période, ce fut le domicile de garçons handicapés évacués de Glasgow, qui souffrirent ensuite d’un sort commun après la guerre : celui de ne plus avoir de foyer.

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J’avais visité l’arrière du château, j’inspectai alors maintenant sa façade Nord qui était entourée de souches d’arbres récemment tombés, semblables à des pierres tombales dans un cimetière de hautes herbes et de fleurs roses. La destruction du toit dans les années 1950 avait eu aussi peu d’effet sur cette façade que sur celle de devant. La majorité de la maçonnerie est à sa place, mis à part de nombreux corbeaux et créneaux qui ont glissé de leurs niches au sommet des tourelles en laissant des trous comme dans une bouche édentée. Le jardin à l’avant était plus désordonné qu’au sud, car sa conception fut traitée plus sobrement. Il est dominé par une tour centrale en forme de demi-octogone qui rappelle la tour de l’étable que j’avais repérée un peu plus tôt. Chacun des angles est surmonté d’une toute petite tourelle, et sur chaque côté de la façade deux légers arcs se dessinent, ancrés par les tours extérieures.

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Cet aspect de Gelston inspira même les Américains, et l’une des nièces de Sir William, Harriet Douglas, alla jusqu’à calquer ces deux arcs. Harriet serait tombée amoureuse de la demeure de son oncle lorsqu’elle lui rendit visite des États-Unis dans sa jeunesse. Elle réalisa son rêve de la dupliquer une vingtaine d’années plus tard en faisant construire son propre château de Gelston dans l’État de New York, qui est maintenant lui aussi en ruines.

Alors que je me préparais à quitter Gelston, je jetai un dernier coup d’oeil sur son allure pittoresque. Les hautes fenêtres laissaient échapper leur contenu verdoyant par petites portions, amenant à penser qu’un jour le château finirait par disparaitre derrière un voile de feuillage. Je regardai derrière moi une dernière fois avant de reprendre le sentier qui m’avait mené au château. Je pouvais encore voir la tour Ouest dépasser des épais buissons, sa couronne fragmentée comparable à un vase décoratif démesuré et embellie par un arbre en jaillissant.

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[TRAD] Critique du food truck The Moral Omnivore

Aujourd’hui, je partage avec vous la traduction d’une critique qui devrait intéresser les foodies. Il s’agit de celle d’un food truck : The Moral Omnivore. Les food trucks, ce sont ces camions qui se déplacent dans les rues des grandes villes américaines, et vendent de la nourriture à emporter (ou street food). Dans ma traduction, j’ai fait le choix de conserver tous ces termes bien américains car ils n’ont pas vraiment d’équivalent bien intégrés dans notre société européenne.

Et pour retrouver cette critique en VO, direction le blog Reviews on Wheels, sur lequel vous trouverez beaucoup d’autres infos sur la street food à Minneapolis et à St Paul.


The Moral Omnivore

http://www.themoralomnivore.com

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Emplacement : Minneapolis

Ouvert au tout début de la saison 2013, le Moral Omnivore (abrégé MO, comme dans Modus Operandi… je n’invente rien, ils l’appellent comme ça eux-mêmes) se démarque immédiatement par sa taille, sa gamme de couleurs vertes très contemporaines et son motif d’arbre, qui donnent aussi le ton quant au thème du camion. Tenu par Ross qui est aussi responsable d’un restaurant, et Linnea, tous deux diplômés en philosophie, le MO a un but pur et simple : sa mission est axée sur le développement durable, le bio, et l’éthique (ce qui n’a rien d’étonnant à la vue de ce nom qui n’est pas sans rappeler un des romans de Michael Pollan).

Quand on regarde le menu, on pourrait croire qu’on veut nous forcer à avaler du végétarien ou n’importe quel autre type de nourriture saine. En réalité, ces choix culinaires plutôt sains sont seulement un effet secondaire bénéfique dû à leur véritable cause. Le menu suit plusieurs points clés, en commençant par leurs fameux mini-burgers : le BLT (bacon / laitue / tomate frite), et celui à la betterave, faits avec des pains normaux ou sans gluten. Viennent ensuite des salades, et quelques plats qui varient tout en restant dans l’optique de la street food. Lors de ma visite, ils proposaient un burger Wellington qui avait l’air délicieux, et de temps en temps ils font des tacos aux lentilles et au curry servis dans des gaufres ! Ça me fait vraiment trop envie !

À côté de ça, ils offrent aussi des frites faites à partir de champignons Portobellos qui sont recouverts de pâte (je crois qu’elle est sans gluten, ou bio, enfin bonne en tout cas), puis ils sont frits et assaisonnés au curry. Ils font aussi des cookies eux-mêmes selon une recette bio. Je n’en ai pas pris quand j’y suis allé, mais ils avaient l’air bon. Et enfin pour les boissons, on retrouve des sodas du Minnesota.

Moral Omnivore

En plus des menus proposés, le MO participe régulièrement à des collectes de nourriture et autres œuvres de bienfaisance. Ils organisent chaque semaine une journée spéciale « Mangez avec le coeur » (« Eat Your Heart Out »), durant laquelle 5% des bénéfices effectués sont donnés à une association caritative du Minnesota. Alors n’ayez pas peur de vous goinfrer si vous y allez ce jour-là.

Je n’ai pas fini de parler de tout ce qu’ils font. Non seulement le MO offre un choix varié de nourriture éthique et délicieuse, mais on y vend aussi des services à couverts en bambou, des tableaux noirs carrelés faits main (enfin je crois… peut-être qu’ils décorent juste), et j’imagine qu’ils vont vendre d’autres objets inspirés du développement durable par la suite.

Je pourrais continuer à en parler, mais je commence à avoir faim et à remettre en question mes choix de vie, alors c’est parti pour la note sur la nourriture, pour qu’on en finisse et que je puisse manger.

La nourriture : 9,5/10

On a de la chance, car à l’instar du Tiki Tim’s, le MO propose une formule qui réunit plusieurs de leurs succès. C’est ainsi que j’ai pu goûter les deux mini-burgers : le betterave et le BLT. J’aurais quand même voulu prendre plus que ça, car beaucoup de leurs plats semblaient intéressants et appétissants.

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Chaque mini-burger est servi dans un petit emballage protecteur que l’on peut porter à la main, et le pain est idéal pour manger ces petits sandwichs (et bien grillé). Les garnitures correspondent totalement à ce que j’attendais. J’étais surpris de voir que les tomates frites étaient en faites des tomates rouges, et pas des vertes, qui sont généralement celles utilisées pour cuisiner. Mais j’ai trouvé le goût très bon, et il restait assez proche de celui d’un BLT traditionnel, tout en se mangeant facilement sans finir en morceaux. Le bacon devait être spécial, je jurerais qu’il était meilleur que d’autres ; et comme leur devise est « Du bacon jusqu’à la betterave », ça aurait été bizarre qu’il ne soit pas génial.

Cependant, mon burger préféré a été celui à la betterave, pour une raison simple : la texture. Quand on fait cuire des betteraves (et surtout quand elles sont tranchées comme ici), en général, soit elles ne sont pas assez cuites et donc encore fermes, soit elles sont bien cuites mais molles (mais ça reste délicieux). Malgré sa cuisson complète, cette tranche de betterave avait une texture qui m’a d’abord laissé croire qu’elle n’était pas assez cuite. Mais en mordant dedans, on se rend compte qu’elle est parfaitement « al dente », ce qui lui donne encore plus des faux airs de viande. Le gruyère fumé ajoutait une petite touche sympa par-dessus. De même pour les différentes sauces à la moutarde, le coleslaw, et tout ce qui a été utilisé dans ces deux burgers, et qui était très bien réalisé.

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Les salades avaient l’air assez bonnes, un effort a été fait pour leur préparation, avec en base de bons légumes-racines rôtis. Quant au burger, je ne sais pas ce qu’ils veulent dire par « oignons caramélises au bison », mais j’ai bien l’intention de le découvrir… le burger que j’ai vu passer avait l’air d’être l’incarnation juteuse du Bien.

Je ne suis pas totalement confiant pour les champignons frits, parce qu’avec leur plus haute teneur en eau, les faire frire peut s’avérer délicat. Mais en me basant sur le niveau de leurs mini-burgers aux légumes et une photo que j’ai vue sur Thrillist, j’ai peu ou même aucun doute sur leur réussite.

La tenue : 9/10

Leur garniture donne l’impression de déborder de partout, mais ces mini-burgers tiennent étonnamment bien en place. En fait, mis à part les burgers bien garnis, la plupart des plats semblent faciles à manger d’une façon ou d’une autre. Il faut utiliser les deux mains, mais ce n’est pas vraiment un problème. La véritable star ici, c’est la salade. Elle est servie dans un petit bol en plastique, les morceaux sont petits, c’est quasiment parfait pour un plat à emporter.

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Le prix : 10/10

Entre 6 et 8 $ pour les plats, avec une formule à 7 $, et la salade supplémentaire ne coûte que 3 $. La quantité de salade et de légumes bien préparés et coupés en petits morceaux équivaut à celle d’un gros poing, ce qui en fait l’un des meilleurs rapports qualité/prix dans le secteur des food trucks. Un cookie coûte 1,50 $, et une barquette de frites 4 $.

La rapidité : 8/10

Vitesse normale, on n’attend pas sans raison. Les salades sont préparées à l’avance, on peut en profiter immédiatement.

L’identité : 10/10

On ne peut absolument pas se tromper sur la mission de ce food truck, même si c’est la première fois qu’on y mange. Elle est clairement établie sur le camion en lui-même, elle se poursuit jusque dans le menu, et se retrouve à quelques autres endroits, juste au cas où. Quand on s’y rend, on fait vraiment une expérience pleine d’authenticité.

Je tiens aussi à dire que Sassy Spoon aurait des choses à apprendre du MO. Presque tous (non, vraiment tous) les plats qu’ils proposent respectent le style « nourriture saine » de Sassy, à la différence qu’ils ont réussi à les transformer en véritable street food à un prix raisonnable et logique. Et finalement, ils font ça simplement, sans gros effort, tout en restant fidèles à ce qu’ils sont. Encore une fois, ils prouvent que j’ai raison lorsque je dis que ça n’est pas difficile et que ça peut mener à de bons résultats.

Je suis très fier et bluffé par ce camion qui est prometteur, et je leur souhaite bonne chance pour la suite.

Service : +1

Ils sont joyeux, prêts à discuter, et très conciliants (au début j’ai cru que leurs burgers n’avaient pas de pains quand j’en ai vu un, mais en fait c’était simplement sur demande d’un client, ahah). Ils sont vraiment chaleureux, et communiquent leur chaleur aux clients (d’où le point supplémentaire).

Total : 47,5/50

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Mes derniers commentaires

Rien de négatif, c’est un bon camion pour foodies ou pour ceux qui découvrent la culture Food Trucks. Honnêtement, si vous cherchez une salade à emporter pour votre pause déjeuner, c’est l’endroit idéal. Ils les font bien, la portion correspond à un repas du midi, et tout ça à très bon prix (c’est peut-être même mieux que la plupart des salades qu’on peut nous servir dans la rue… ou dans les restaurants).

Si vous vous y rendez, ma suggestion est toute simple : prenez la formule mini-burgers Betterave et BLT. Elle ira très bien aux gens qui, comme moi, ne vont pas souvent au même endroit, car elle permet de tester plus d’un plat pour le même prix. En plus, ces mini-burgers sont délicieux et valent le coup. L’autre choix que je suggère, c’est le taco fait avec une gaufre s’il est à la carte au moment où vous y allez. C’est plutôt marrant et intéressant, de quoi attirer plus d’un foodie.

Au final, si vous commencez à vous intéresser à votre empreinte carbone et que vous cherchez des endroits où la réduire, le Moral Omnivore est certainement un endroit à considérer.

 

[TRAD] Pourquoi les filles portent du vernis ?

Pour ceux qui me connaissent un petit peu, vous savez déjà que j’adore porter du vernis à ongles. J’ai fini par me demander pourquoi nous, les filles,  on adore le vernis, alors que les hommes semblent n’en avoir absolument rien à faire ? Voici une compilation des réponses les plus fréquentes, disponible en anglais dans l’article précédent.


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Pourquoi les filles portent du vernis ? C’est une question intéressante (selon moi en tout cas !) que j’ai posée aux filles de mon entourage, mais aussi sur internet. Voilà le top 10 de leurs réponses :

1. Les ongles sont devenus un accessoire beauté au même titre que les bijoux ou les tatouages. — C’est beau et élégant.

2. Pour se sentir bien et se rendre attirante.

3. Parce que c’est coloré tout en restant subtil.

4. Pour s’exprimer et laisser libre cours à sa créativité.

5. Pour accessoiriser sa tenue en coordonnant les couleurs.

6. Pour passer le temps quand on s’ennuie.

7. Pour attirer l’attention.

8. Pour avoir une apparence soignée et montrer qu’on a fait un petit effort de présentation.

9. « Je ne fais que suivre la mode, je n’aime même pas ça. Je mets du vernis seulement parce que les autres filles le font. »

10. Pourquoi pas ? 😉

nail polish

Mais… que pensent les garçons du vernis ? Quand on leur demande quelle couleur de vernis ils préfèrent sur les filles, on obtient des réponses assez surprenantes ! Voyons ce qu’ils ont eu à dire :

1. J’ai toujours adoré les french manucures. Mais le rouge est une jolie couleur aussi. Du moment qu’elles n’ont pas des ongles ridiculement longs… Je déteste ça.

2. Je trouve ça mignon quand elles assortissent la couleur de leur vernis à celle de leur tenue.

3. C’est très attirant, une femme qui montre qu’elle s’intéresse à son apparence. Et de voir qu’elles ont fait un effort pour se mettre en valeur est tout aussi attirant.

4. Selon moi, c’est super sexy !

5. Bizarrement j’aime les couleurs vives, surtout le rouge… Peut-être qu’une partie de moi a envie d’une femme qui peut chasser, ou peut-être que je les trouve sexuellement agressives avec les ongles rouges…

6. Je n’ai rien à faire de leur vernis, mais ça ne me dérange pas tant que ce n’est pas une couleur horrible comme du rouge vif.

7. Tout sauf du noir, je vous en supplie !

8. Peu importe, c’est leur personnalité qui m’intéresse, pas leurs attributs.

9. Franchement, on n’en a rien à faire. Vous avez déjà entendu un mec dire « WAOW, regarde le vernis de cette fille, en plus ses chaussures vont trop bien avec ! » ?

10. Je trouve que ça n’est pas naturel, c’est juste de mauvais goût. Jamais je ne sortirai avec une fille qui porte du vernis, que ce soit sur les mains ou sur les pieds. Ca me répugne à ce point-là.

Je pense que l’expression « chacun ses goûts » ne pourrait pas être mieux illustrée ! Certains hommes adorent les filles qui portent du vernis, alors que d’autres ne supportent pas ça. Par contre, ils semblent être d’accord sur certaines choses : les ongles noirs ne sont pas jolis, tout comme les ongles très longs. Mon petit conseil : faites ce que vous voulez de vos ongles, car le seul avis qui compte, c’est le vôtre ! 😉

nail polish

Why do girls wear nail polish ?

Some of you already know that I love wearing nail polish. But I’ve been wondering why girls like that so much, whereas men obviously don’t care at all ? Here are the answers that I found and compiled. And if you want to see the French translation of this article, just click here !


nail polish

Why do girls wear nail polish? That’s an interesting question (at least I think it is!) and I’ve asked it to girls in real life as well as on the Internet. Here’s the top 10 of their answers:

1. Nails have become a beauty object just like jewelry or tattoos. — It’s pretty and stylish.

2. It’s one way to be attractive. — It makes me feel good.

3. It’s a fun way to add color in a way that’s still somewhat subtle.

4. Because it helps me to express myself. — To give free rein to my creativity.

5. To coordinate with my outfit.

6. Because it’s something to do when I’m bored.

7. It is a way to call attention to myself.

8. It makes me feel a little more polished (no pun intended). — To make that little extra effort in how I look.

9. I just follow the crowd, I don’t even like it. I only paint them because other girls do it.

10. Why not? 😉

nail polish

But… what do boys think about nail polish ? When they’re asked what color nail polish they prefer on girls, their answers are quite surprising! Let’s see what they had to say:

1. I’ve always been a fan of the french manicure. But red is a nice color as well. Just so long as their nails are not ridiculously long… I hate that.

2. I think it’s cute when they match it to the color of their outfit.

3. It’s very attractive to show that they are interested in their looks. To see that they made an attempt to dress up is attractive itself.

4. Damn sexy in my opinion!

5. Strangely I like bright colors, especially red… Maybe a part of me wants a girl which can hunt, or maybe I find them sexually aggressive with red nails…

6. I don’t care for nail polish, but it doesn’t bother me unless it’s an awful color like a bright red.

7. Anything but black, please!

8. Doesn’t matter, I care about their personalities, not attributes.

9. We just don’t care really. Have you ever heard a boy say « WOW, just look at her nail polish, and her shoes go so well with it! »?

10. I think its unnatural and definitely tacky. — I will not date a girl who wears nail polish, hand or feet. It is that gross to me.

I think the phrase « to each his own » could not be better illustrated! Some men absolutely love nail polish on a girl, while others can’t stand it. However, they seem to agree on a few things: black nails are a no go, and so are very long nails. My two cents: do whatever you want with your nails, the only important opinion is yours! 😉

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[TRAD] Pourquoi les livres numériques devraient se contenter d’imiter les livres ?

Cette semaine je vous ai traduit un article un peu geek, mais pas totalement non plus. Tout le monde connaît les ebooks, mais l’auteur du blog Foodie By Night travaille pour l’éditeur Chronicle Books et nous les présente donc de son point de vue.

J’ai décidé de tout traduire : ebook, reader, scrolling… Parfois je me suis demandé si ce n’était pas trop en faire, mais il fallait bien faire un choix ! J’ai quand même laissé widget tel quel, car on l’utilise très rarement dans sa version française (en France en tout cas).


Les créateurs de livres numériques sont face à un problème intéressant. Pourquoi concevoir les livres numériques comme leurs homologues papier alors qu’ils peuvent faire bien plus ?

Les livres numériques peuvent contenir de l’audio (voir l’article sur les fichiers SMIL), de la vidéo, des parties interactives qui changent quand on les touche, et avec de la chance ils contiendront bientôt des polices d’écriture plus sophistiquées comme celles du site Use The Whole Font où l’on retrouve des ligatures et des options de défilement, et qui en plus sont très belles. J’adorerais aussi voir les méthodes de défilement Parallax dans des livres numériques, comme ce qu’on peut voir sur CSS Piffle.

Et vous savez quoi ? Dans le cas des liseuses en ligne et des iBooks, ces options ne font pas partie d’un avenir lointain. Elles peuvent être mises en place dès maintenant. J’ai récemment assisté à une rencontre durant laquelle une nouvelle plateforme de développement de livres numériques faisait une démonstration de leur produit, et ils ont même intégré des raccourcis vers du code Parallax. Et puis tant qu’on y est, pourquoi ne pas aussi rajouter des widgets et des jeux en Javascript. Tout ceci est possible, le livre numérique a le potentiel pour devenir une expérience à lui tout seul.

Le livre de cuisine Food52 de Inkling est truffé de conseils utiles, de vidéos de démonstration et pleins d'autres choses qui apparaissent à l'écran.

Le livre de cuisine Food52 de Inkling est truffé de conseils utiles, de vidéos de démonstration et plein d’autres choses qui apparaissent à l’écran.

Alors pourquoi on ne fait pas tout ça ? Pourquoi ne pas créer des livres numériques extraordinaires pour les vendre maintenant ? Eh bien, ces livres sont déjà en vente. Des entreprises comme Inkling et Aerbook, par exemple, produisent des magnifiques livres numériques au format fixe et avec tous les correctifs nécessaires. Mais vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte si vous ne lisez pas de livres via des plateformes web ou des iBooks, car les autres liseuses ne peuvent tout simplement pas supporter ce niveau de complexité pour le moment.

Cela nous amène à un autre problème : les iBooks représentent une minuscule partie du marché des éditeurs puisque les Kindles d’Amazon ont une avance phénoménale. Les éditeurs veulent avoir la plus grande audience possible pour leurs livres et la plupart des services numériques en interne sont vraiment petits, ou du moins ils sont en cours de développement (comprendre qu’ils sont tout récents). Donc ils n’ont tout simplement pas le temps ou les ressources nécessaires pour préparer plusieurs versions d’un fichier EPUB en payant de leur poche. Il faut aussi ajouter à cela la pression que rajoute la numérisation des anciens ouvrages, en plus des cinq ou six nouveaux titres que chaque développeur de livres numériques traite chaque semaine. Enfin, une autre raison moins connue est de ne pas vouloir retirer le plaisir de l’expérience au lecteur. On veut qu’il apprécie l’histoire qu’il lit sans être déconcentré par tous ces gadgets ; peu de choses séparent un livre numérique réellement amélioré d’une simple distraction.

Comme beaucoup de développeurs de livres numériques vous le diront, nous n’avons pas abandonné l’espoir d’avoir des livres numériques plus complexes. Je viens de travailler à l’incorporation d’audio et de vidéo dans des livres et Chronicle essaie de trouver de nouvelles façons d’inclure du contenu enrichi pour le plus de liseuses possibles. De plus en plus d’éditeurs utilisent de nouveaux outils d’édition pour leur donner plus d’options, et bientôt les services numériques s’agrandiront et auront de plus gros budgets, vous permettant de voir davantage d’éditions spéciales de vos livres numériques. C’est particulièrement vrai dans le domaine des livres pour enfants, ce sont les premiers à bousculer l’idée que l’on se fait d’un livre numérique traditionnel. Vous verrez le changement. Nous voulons faire du livre numérique une expérience unique et différente de celle offerte par le livre papier.


Voilà, vous savez tout sur le pourquoi du comment rendre les ebooks plus attrayants ! N’hésitez pas à faire un tour sur le blog Foodie by Night où vous trouverez d’autres articles sur cette thématique, mais aussi des articles pour les gourmands. Eh oui, le nom du blog n’a pas été choisi par hasard. 😉